Accueil de la doctorante Anne Aubry

Doctorante en sociologie et anthropologie politique au Centre Max Weber (UMR 483) – Université Jean Monnet de Saint-Etienne – Université de Lyon.

En résidence recherche au CCO depuis mars 2012.

En tant que membre de la recherche-action intitulée « Pratiques (inter)culturelles et institution d’un patrimoine 50 ans d’activités au CCO- Jean-Pierre Lachaize », son activité de recherche a tout d’abord été axée sur les types d’attachements que les personnes entretiennent au lieu CCO, mais également sur les modalités de connexions des personnes entre elles pour fabriquer et réfléchir ensemble différents types d’action.

Dans ce cadre, l’analyse produite de ce qu’on pourrait nommer « accumulation et circulation de données d’expérience » au CCO vient ré-interroger la notion même de patrimoine. L’approche linéaire de l’évolution du CCO pourrait être « déconstruite » pour privilégier une approche « rhizomatique » issue de l’analyse des connexions et vecteurs de connectivité dans le temps et dans l’espace. Le patrimoine serait donc moins un patrimoine-propriété qui fixerait les contours d’une identité de référence qu’un « patrimoine plastique » permettant diverses appropriations, identifications, mises en partage et transmissions.

Une constante pourrait être pourtant identifiée dans ce qui est produit par les acteurs du CCO. Celle-ci porterait sur la réflexion engagée pour faire correspondre une certaine éthique aux pratiques qui y sont développées. La démarche sur l’ « observation participative de l’effectivité des droits culturels à l’échelle de l’agglomération lyonnaise » conduite en 2013 et 2014 en est une des multiples illustrations.

L’expérience de cette immersion au CCO et les analyses développées amènent petit-à-petit à émettre l’hypothèse que ce lieu singulier permet d’interroger les dimensions politiques de pratiques culturelles qui redessinent une façon de construire les relations des uns aux autres (alter-égo), de faire-avec les ressources des uns et des autres (com-prendre les altérités), de construire des alternatives comme de penser des utopies (alter-mondes). Cette dynamique engagée dans les pratiques produites au CCO ne donneraient-elles pas certaines clés de compréhension de ce que pourrait-être une « cosmo-politique » ? La construction du commun serait ainsi toujours à remettre sur le métier à tisser en réfléchissant l’écosystème dans lequel les personnes sont déjà insérées afin d’avoir une action sur celui-ci.