Événement

Rencontre avec le Département des Aberrations

Pouvez-vous vous présenter ?

Le Département Des Aberrations, ou DDA est une association loi 1901 créée en 2016 par des étudiantes et étudiants de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon.

A l’origine, le Département des Aberrations visait à promouvoir les talents artistiques des étudiants de l’école en mettant en avant leurs œuvres produites en dehors du cadre scolaire par le biais d’expositions, de publications etc… Cette association avait pour objectif d’élargir les compétences artistiques et culturelles de chacun.

Aujourd’hui, le DDA reprend du service en dehors de l’école d’architecture, poussé par une équipe aux horizons diversifiés. Il offre un cadre à ses adhérent·e·s pour mener des projets culturels et artistiques, notamment et de manière non exhaustive : architecturaux, paysagers, littéraires, graphiques, scénographiques, et événementiels. Le cadre offert par le DDA consiste aussi en des moyens matériels et financiers, de la visibilité, du conseil, de la cohésion, et du partage de compétences.

Le Département de Aberrations est aujourd’hui composé de 10 membres et mêle des architectes, graphistes, illustrateurs, ingénieurs…

 

Pourquoi avoir répondu à l’appel à créations d’œuvres ?

De nombreux membres de l’association ont étudié à l’ENSAL et vécu à Vaulx-en-Velin pendant plusieurs années. Ils connaissent de ce fait le quartier et l’environnement du projet. Nous voulions participer à la transition amorcée d’autant plus que les thématiques abordées par l’appel à la création d’œuvre sont des sujets abordés fréquemment par l’association : le réemploi, la mémoire, la transition.

Ce projet nous permet de raconter une histoire à travers une œuvre artistique. L’histoire d’un lieu, de ses habitants, mais aussi d’une époque.

Qu’est-ce qui vous plaît dans ce projet ?

Ce projet est comme un passage de témoin. Il mélange passé, présent et futur, étalés sur plusieurs décennies. L’utilisation des matériaux récupérés sur le site ancre le projet dans la mémoire du lieu.

Par ailleurs, nous vivons une époque particulière. Notre société est forcée à se transformer au même moment ou l’Autre Soie se réinvente. Il est important pour les générations futures de garder une trace de ce moment.

 

Pouvez-vous nous décrire votre projet artistique Outre-temps à l’Autre Soie ?

Notre projet est une bouteille à la mer. Il prendra la forme d’une colonnade composée de 7 colonnes réalisés avec les matériaux récupérés sur le site, un matériau par colonne. Chaque colonne aura en son sein une capsule temporelle avec des objets ou des messages. Tous les 5 ans, une colonne est brisée et la capsule qu’elle contient est ouverte. L’œuvre évolue donc au fil de ces destructions et figure le temps qui passe.

Comment s’intégrera l’aspect collectif de ce travail artistique ?

L’aspect collectif est en deux temps. Tout d’abord, nous organiserons des ateliers avec les habitant·e·s du quartier afin de récolter des objets et des messages qui feront le contenu des capsules. Ensuite, une fois l’œuvre construite, chaque démolition de colonne sera un moment spécial dans la vie du quartier qui permettra aux habitants de se retrouver et de se souvenir ensemble.

Un mot sur le projet ou votre vision du projet Autre Soie ?

L’Autre Soie est un projet qui nous touche car il véhicule des valeurs qui nous sont chères. Le réemploi, la culture, la mixité sociale sont des thématiques qui aujourd’hui sont essentielles à la ville et c’est une vision que nous partageons avec la philosophie du projet de l’Autre Soie.