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RDV citoyen : Guerre d’indépendance algérienne

Guerre d’indépendance algérienne, mémoires et transmission

L’émergence de l’expression mémorielle des enfants de soldats supplétifs algériens.

Rendez-vous citoyen, projection et rencontre

Rencontre avec Giulia Fabbiano, anthropologue

Les « harkis » apparaissent dans l’espace public comme un groupe se revendiquant en tant que tel dans les années 90. En 1975, des fils d’anciens supplétifs rapatriés, encore relégués dans les camps se révoltent pour en réclamer la fermeture et exiger la résolution des problèmes sociaux. Ils refusent l’assignation communautaire, désirant être reconnus comme des « Français à part entière ». Les manifestations de 1991 sont un tournant. « Français entièrement à part », les militants s’approprient le terme « harki » comme label identitaire. En mettant en avant la « dette du sang » et la « loyauté » de leurs pères, ils demandent réparation sociale et reconnaissance mémorielle. Au début des années 2000, ce « récit légendaire » est remis en question par une autre génération de militants, dont les revendications sont davantage centrées sur le traitement subi au lendemain de la guerre. Il s’agira dès lors de revenir sur cette prise de parole mémorielle des enfants, brisant le silence paternel, sur ses enjeux et ses mutations.

Docteur en anthropologie et en sociologie, Giulia Fabbiano est chercheuse associée à l’IDEMEC à Aix-en-Provence et chargée de séminaire à l’EHESS.

Dans le cadre de la Biennale Traces, histoire mémoires et actualité des migrations

PHOTO: portrait – archives privées Saïd Merabti