Intelligences Citoyennes


Déconstruire pour transformer !

Rendez-vous Citoyen organisé avec l'association Tabadol

Entrée libre

Intelligences CitoyenNEs : déconstruire pour transformer !

Qu’entendre par déconstruire ? Le mot renvoie à une attitude très ancienne, notamment celle de Socrate, ce philosophe grec épris de questionnement, ou d’Averroès, ce penseur théologien de la période arabo-andalouse, défenseur de la séparation entre religion, science et politique : questionner en permanence, douter, pratiquer la vigilance critique.

 

Car la violence sociale s’installe lorsque l’on nous fait croire que les mots ou les codes, y compris les codes sociaux, échappent à la construction humaine, échappent aux rapports de force. Lorsque les significations sont présentées comme absolues, intangibles, définitives, essentielles. La ségrégation (les Hommes/les Femmes; les Blancs/les Noirs) et la hiérarchisation arbitraire exercées par les codes représentent une expérience radicalement transculturelle. Aucune culture, aucune langue n’échappe à cette violence qui a pour revers la mutilation, l’humiliation et la domination.

 

Résister, c’est alors ouvrir les portes à un décloisonnement des codes, pour mieux refuser leur commun arbitraire. L’intelligence déconstructive mobilise pour ce faire toutes les ressources culturelles et esthétiques présentes sur cette planète. C'est une impertinence culturelle qu’il faut pouvoir développer, en préservant le droit au plaisir et en privilégiant l’accès à l’espace public. Le principe d’impertinence représente une dimension centrale dans un travail d’éducation populaire.

 

Qu’entendre par impertinence ? Ce sont toutes les modalités créatives par lesquelles des citoyens se « paient le luxe » d’interroger, y compris  joyeusement, les rôles sociaux, les rapports amoureux, les rapports de sexe, les rapports familiaux, les rapports de travail, les rapports de force économiques, les rapports médiatiques, les idéologies, les dogmes, les vérités sacrées, les représentations sociales, les conceptions autoritaires… pour les détricoter, y débusquer l'arbitraire et l'injuste, pour imaginer une manière totalement différente de vivre, d’avoir du bonheur.

 

La déconstruction n’a donc rien à voir avec le fait de se moquer de quelqu'un et ne consiste absolument pas à « critiquer des gens ». C’est d’abord faire place à l’altérité en nous, au poétique, à l’indicible. C'est surtout le passage nécessaire pour se libérer et reconstruire de façon ouverte des perspectives communes. Une telle démarche indispensable au déploiement démocratique est-elle suffisamment reconnue et pratiquée? N'est-on pas confrontés aujourd'hui à une culpabilité, à une peur, à une gêne?

 

Autour de ces préoccupations nous évoquerons des pratiques concrètes et nous les questionnerons au cours de cette soirée.

 

Avec Majo Hansotte, militante et philosophe belge, très engagée dans le mouvement d'éducation populaire.

Elle est l’auteure d’une thèse sur l’espace public contemporain (Université de Liège) dont elle s'est inspirée pour concevoir des méthodes d'animation pratiques. Depuis de nombreuses années, elle forme des acteurs et actrices engagé-e-s dans les mouvements sociaux et associatifs, dans le développement territorial et l’éducation populaire.